N’aie pas peur des nuages(Chairs in Silence – Collection)

Image actuelle : Dont be afraid of the clouds

Dessin Au Fusain. 50 X 65cm.

Ce dessin est né un jour où le ciel avait la voix lourde. Un de ces jours où la lumière hésite, où le vent parle trop fort, où les nuages semblent porter des secrets qu’on ne veut pas entendre. Je me souviens avoir posé la chaise au milieu de cette étendue vide, comme on pose une question au monde. Et puis j’ai dessiné cet homme.

Il ne regarde pas le ciel. Il ne le défie pas. Il l’écoute.

Sa posture n’est pas celle de la peur, mais celle de quelqu’un qui sait que les nuages ne sont jamais ce qu’ils semblent être. Ils ne sont pas des menaces. Ils sont des voiles. Des passages. Des invitations à descendre en soi-même.

Quand j’ai travaillé le fusain, j’ai senti que chaque ombre avait quelque chose à dire. Les nuages, eux, ne sont pas là pour effacer la lumière : ils la transforment. Ils la rendent plus douce, plus intérieure. Ils obligent à regarder autrement — pas avec les yeux, mais avec ce qui tremble derrière les yeux.

Cet homme assis, penché vers ses mains, n’est pas écrasé par le ciel. Il est en train de se rassembler. Le vent qui passe ne le bouscule pas : il le sculpte. La pluie qui menace ne le noie pas : elle lave ce qu’il ne sait pas nommer. Et le silence autour de lui n’est pas un vide : c’est un refuge.

Dans Chairs in Silence, chaque chaise est un lieu. Un territoire intérieur. Un espace où l’on se dépose pour écouter ce que le monde dit quand il ne dit plus rien. Ce dessin en est l’un des plus purs : une rencontre entre un homme et un ciel qui ne cherche pas à impressionner, mais à révéler.

N’aie pas peur des nuages. Ils ne sont pas l’oubli du ciel. Ils en sont le secret. Et parfois, il faut s’asseoir, fermer les yeux, et laisser ce secret nous traverser.


N’aie pas peur des nuages.
Ils ne t’éteignent pas —
ils t’invitent à fermer les yeux,
à écouter ce que la lumière dit
quand elle se tait.

Le vent ne cherche pas à te briser.
Il te sculpte,
comme l’eau polit la pierre,
comme l’absence révèle la tendresse.

Et la pluie ?
Elle lave ce que tu ne sais pas nommer,
elle parle en gouttes
ce que ton cœur n’ose pas dire.

Les nuages ne sont pas l’oubli du ciel.
Ils en sont le secret.
Et toi,
tu es le seul à pouvoir le lire
en silence.

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