Ne crois pas à la nuit(Chairs in Silence – Collection)

Dessin Au Fusain. 50 X 65cm.

Ce dessin est né dans un moment où la nuit semblait plus lourde que d’habitude. Pas une nuit hostile, non. Une nuit qui observe. Une nuit qui murmure des choses qu’on n’a pas envie d’entendre.

J’ai dessiné cet homme assis, le visage caché sous le bord du chapeau, comme quelqu’un qui refuse de donner son visage à l’obscurité. Il ne se cache pas. Il se protège. Il garde en lui une lumière que la nuit ne peut pas atteindre.

La chaise, encore une fois, n’est pas un objet. C’est un seuil. Un lieu où l’on s’arrête pour écouter ce qui tremble à l’intérieur. Un espace où l’on affronte ce que la nuit invente : les doutes, les absences, les ombres qui s’allongent pour faire croire qu’elles sont plus grandes que nous.

Quand j’ai travaillé le fusain, j’ai senti que chaque trait devait être une respiration. Une manière de dire que même dans le noir, quelque chose continue de vivre. La nuit ment — je l’ai toujours su. Elle transforme le silence en abandon, elle déforme les souvenirs, elle fait croire que ce qui brûlait hier n’existe plus.

Mais cet homme assis ne la croit pas. Il reste là, immobile, mais pas vaincu. Il attend que le matin vienne révéler ce que la nuit ne comprend pas : les graines invisibles, les espoirs silencieux, les battements qui persistent même quand tout semble figé.

Dans Chairs in Silence, chaque personnage est un fragment de vérité. Celui-ci incarne la résistance douce, celle qui ne fait pas de bruit, celle qui ne s’effondre pas. Il rappelle que l’amour, la mémoire, la tendresse — tout ce qui compte vraiment — ne disparaît pas dans l’obscurité. Ils se replient, oui, mais pour mieux revenir.

Ne crois pas à la nuit. Elle ne sait rien du matin. Elle ne voit pas ce qui germe dans le cœur. Elle ne comprend pas la force des choses silencieuses.

Ce dessin est une promesse : ce que la nuit ne voit pas, le jour le révélera.

Ne crois pas à la nuit —
elle te murmure que tout est fini,
que l’absence est plus grande que le souvenir,
que l’amour ne revient pas.

Mais la nuit ment.

Elle travestit le silence en abandon,
et l’attente en oubli.
Elle rend les ombres plus longues
que les gestes tendres.

Elle t’enlace de froid
et te fait douter
de tout ce qui brûlait hier encore.

Ne crois pas à la nuit —
elle ne sait rien du matin.
Elle ne voit pas
les graines silencieuses
qui germent dans ton cœur.

L’amour que tu portes
n’a pas besoin de lumière
pour grandir.
Il se souvient,
il espère,
il respire, même dans le noir.

Alors ferme les yeux,
mais pas ton cœur.
Et rappelle-toi :
ce que la nuit ne voit pas,
le jour le révélera.
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