Ton regard. Your gaze (Collection : Abstraction intime)

Encre et aquarelle sur papier.
50 x 70 cm. 300gr

First, I laid down the blue.
Very light, almost transparent.
It feels like breath to me…
the breath of the sky,
or the breath of silence.
A way to begin without noise,
like a quiet inhale.

Then came the brown.
Denser, more grounded.
It speaks to me of roots,
of wood, of skin,
of the wind slipping through the branches.

I don’t really think in words when I paint,
but sometimes, a feeling appears.
When I placed that circle,
I felt a memory…
something warm.
A presence.
Your gaze.

Not some blurred, imagined gaze —
but the one I once met,
where I could feel
so much desire,
so much life.

Now each line I draw,
with ink,
tries to connect those sensations.
They don’t describe.
They pass through.

Maybe that’s what life is —
a blend of transparency and depth,
of breath and matter,
of memory and motion.

And nature… she never speaks,
yet she says everything.
Like these shapes:
they don’t shout,
they whisper.

And I draw to listen to those whispers.
To translate what I don’t know how to say.
To remember…
and maybe, just a little,
to find you again.


D’abord, j’ai posé le bleu.
Très léger, presque transparent.
C’est une couleur que je ressens comme un souffle…
le souffle du ciel,
ou celui du silence.
Une façon de commencer sans bruit,
comme une respiration.

Puis est venu le brun.
Plus dense, plus terrestre.
Il me parle de racines,
de bois, de peau,
du vent qui passe à travers les branches.

Je ne pense pas vraiment en mots quand je peins,
mais parfois une sensation surgit.
Là, en posant ce cercle,
j’ai senti une mémoire…
quelque chose de chaud.
Une présence.
Ton regard.

Pas un regard flou, imaginaire —
mais celui que j’ai croisé, un jour,
et dans lequel je sentais
plein de désir,
plein de vie.

Chaque ligne que je trace maintenant,
à l’encre,
cherche à relier ces sensations.
Elles ne décrivent rien,
elles traversent.

C’est peut-être ça, la vie :
un mélange de transparence et de densité,
de souffle et de matière,
de souvenir et de mouvement.

Et la nature, elle, ne parle jamais,
mais elle dit tout.
Comme ces formes :
elles ne crient rien,
mais elles murmurent.

Et moi, je dessine pour écouter ces murmures.
Pour traduire ce que je ne sais pas dire.
Pour me souvenir…
et peut-être, un peu, pour te retrouver.
»
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